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Travail dissimulé et blanchiment d'argent : descente matinale de 160 gendarmes à Castelsarrasin

Drôle de réveil, hier matin, pour le voisinage de l'usine Alcoa -France à Castelsarrasin. Le chemin de la Valette et ses belles et grandes maisons se sont retrouvés promptement cernés par un impressionnant dispositif de forces de l'ordre. Des «gros bras» bien protégés et armés dont les caches débordaient jusque derrière les fourrées du chemin du Chantre.

Avant le lever du jour dans ce secteur se retrouvaient en effet un escadron de gendarmes mobiles, l'effectif au complet du PSPG de Golfech, les deux pelotons des PSIG de Castelsarrasin et Montauban, les enquêteurs dépendant de la compagnie de Castelsarrasin, des enquêteurs du service régional et surtout les responsables de la SR de Toulouse et du GIR (1) de Toulouse.

Au total pas loin de 160 gendarmes et enquêteurs intervenant dans ce secteur de la sous – préfecture, dans plusieurs habitations occupées par des membres d'une grande famille appartenant à la communauté des gens du voyage, sédentarisée depuis longtemps dans la sous-préfecture. La caractéristique des gens visés par cette spectaculaire et matinale descente des forces de l'ordre, c'est de traquer des problématiques que l'on peut classifier dans le travail dissimulé et le blanchiment d'argent. Il faut savoir que l'opération déclenchée hier matin n'avait pas été décidée la veille au soir. Car ce dossier était longuement préparé par les autorités judiciaires qui y travaillaient déjà depuis trois ans. L'ensemble des forces de l'ordre mobilisé et armé avait pour mission de permettre aux enquêteurs, au total une trentaine d'officiers de police judiciaire (OPJ) de mener à bien des perquisitions dans l'ensemble des logements de cette famille qui s'était spécialisée dans les antiquités. Et dont le rayonnement mercantile débordait largement hors du périmètre départemental.

Deux juges d'instruction en cosaisine

Ce sont Florence Bru et Anne Kinoo juges d'instruction au parquet de Montauban qui dirigent ce dossier portant sur des fraudes semble-t-il dites sociales (travail au noir) et financières (comptabilité hasardeuse en ce qui concerne mles transactions). L'intervention du GIR dans la conduite de cette opération tend à accréditer que plusieurs services fiscaux et autres avaient été mis en alerte sur le train de vie visible (ou moins apparent) de plusieurs membres de cette famille. Dont certains avaient la capacité à se «promener» avec d'épaisses liasses de numéraires sur eux. Outre le côté ostensible d'exhiber des liasses d'euros, d'autres éléments du train de vie ont aussi interpellé les enquêteurs, dans le bâti ou le roulant.

La majorité des objectifs atteints

Si hier au soir, les enquêteurs restaient discrets sur ce qu'ils avaient réalisé, au palais de justice à Montauban on confirmait de façon lapidaire : «la majorité des objectifs a été atteinte». Sur un plan comptable cela se traduit par le placement d'au moins six personnes en garde à vue. Qui seront interrogées durant quarante-huit heures avant une présentation au palais jeudi en fin de matinée ou début d'après-midi. On peut aussi signaler que des personnels du commissariat de police de Castelsarrasin ont participé aussi de façon incidente à cette opération en s'intéressant aussi à certaines des choses saisies par leurs collègues gendarmes.

(1) Les Groupes d'intervention régionaux (GIR), créés par une circulaire interministérielle du 22 mai 2002, sont des entités policières françaises pluridisciplinaires chargées d'agir contre la délinquance sous tous ses aspects en utilisant l'ensemble des moyens législatifs et réglementaires, au plan pénal mais également fiscal, douanier ou administratif.

J-P. François et B.Gay

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